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Blogue des visiteurs — Peuples de la région des Grands Lacs : guérir, connecter et protéger

Des personnes de divers horizons, occupations, postes, expériences et antécédents se sont réunies pendant deux jours à Toronto lors du The People’s Great Lakes Summit 2.0: Planning Policy Action afin de collaborer et de réseauter pour mieux comprendre comment restaurer et protéger les Grands Lacs. Lors de l’événement, le mot restauré m’a rapidement interpellée — comment pouvons-nous restaurer les Grands Lacs? À quelle fin servira la restauration des Grands Lacs? À quoi ressemblera cette restauration? Restaurer, c’est ramener à l'état original ou rétablir; qu’essayons-nous de ramener ou de rétablir dans les Grands Lacs?

Guérir

out au long de ces deux journées ont eu lieu des conversations et des activités qui ont révélé les difficultés rattachées à la restauration — soit les manières coloniales issues du passé de gérer l’eau (et les terres). Nous devons décoloniser et autochtoniser nos façons de comprendre et d’approcher la protection de l’eau. Cela nécessite un recadrage et une restructuration complète de nos systèmes actuels de protection de l’eau. Nous ne pouvons pas restaurer; nous devons guérir.

Connecter

La guérison des Grands Lacs nécessite que les peuples rétablissent leur relation avec l'eau et qu'ils créent des liens. Les gens doivent se sentir connectés au bassin des Grands Lacs afin de s’engager à protéger l’eau et la terre. Il s’agira maintenant de savoir comment les peuples peuvent se connecter à l’eau.

L’un des participants au Sommet 2.0 a partagé un point important avec le groupe : pour guérir, nous devons nous sentir connectés, et pour nous sentir connectés, nous devons faire partie de la terre et de l’eau. La connexion ou la connexité du savoir n’est pas quelque chose qu'on peut enseigner à quelqu'un d'autre, elle doit être ressentie, apprise et ne peut être expérimentée que par soi-même. Alors qu’il est facile de se sentir déconnecté dans les jungles urbaines, nous devons prendre le temps de nous immerger dans la terre et l’eau pour construire notre connexité du savoir. Nous devons jeter nos regards au-delà du béton des villes pour les plonger dans la nature afin de comprendre et de ressentir ce qu’est la connexion.

La plupart (sinon tous) les participants au Sommet 2.0 ont semblé très touchés par cet enseignement. J’espère que tous travaillent à construire, à développer et à nourrir des liens avec les Grands Lacs. Les relations sont réciproques et en constant mouvement, et nous devons nous rappeler que notre relation avec l’eau n’est pas différente. Il est de notre devoir et de notre responsabilité en tant qu’êtres humains de protéger l’eau.

Protéger

Un autre participant au Sommet 2.0 a déclaré : « Nous devons marcher; nous devons nous lever et dire “ Je le ferai pour l’eau ” tout comme ma grand-mère Joséphine ». Le faire pour l’eau, c’est le faire pour la vie — le règne végétal, le règne animal, les êtres humains et toute la création. Rien ne sera accompli si nous faisons que réfléchir et que nous ne joignons pas le geste à la parole — nous devons utiliser nos cœurs et avancer pas à pas.

Même si l’objectif du Sommet était que les participants collaborent à la modification des politiques de protection de l’eau dans le bassin des Grands Lacs, je crois que nous avons accompli quelque chose de bien plus grand. Nous avons acquis des connaissances sur la façon de perturber et de démanteler nos politiques et nos systèmes actuels en matière de gouvernance de l’eau. La solution est simple : les gens doivent se connecter avec la terre et l’eau pour soigner et protéger les Grands Lacs.

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Stephanie Woodworth, étudiante diplômée de l’Université de Toronto, est l’une des 16 jeunes qui siègent au Conseil Consultatif Jeunesse de Waterlution pour Défi des eaux canadiennes et l’une des deux déléguées choisies pour représenter le Canada au Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau et au 8e Forum mondial de l’eau en 2018. En plus de participer à part entière, Stephanie s’est portée volontaire afin de rédiger et de remettre l’acte récognitif des terres lors du People’s Great Lakes Summit 2.0: Planning Policy Action qui a eu lieu les 13 et 14 novembre 2017 à Toronto.