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Réactions aux niveaux élevés de radon dans les écoles – la nécessité d’une bonne communication

Cette semaine, une école située à Kanata, en Ontario, près d’Ottawa, a été le site d’une expérience malheureuse, soit celle qui a démontré comment ne pas réagir à un niveau élevé de radon. Le radon est connu pour être la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Santé Canada et un grand nombre d’organismes d’intérêt public, y compris l’Association canadienne du droit de l’environnement reprennent le flambeau pour encourager les tests de radon dans les domiciles, les écoles, les garderies et, à la vérité, tous les espaces intérieurs.

CBC News a déclaré que les résultats des tests effectués à l’école élémentaire Jack Donohue ont indiqué des niveaux élevés de radon, soit des niveaux supérieurs à ceux prescrits par les lignes directrices du gouvernement fédéral de 200 becquerels par mètre cube (200 Bq/m3).

À la suite de ces événements, les enseignants de l’école ont fait la classe dehors toute la journée pour manifester leur « refus du travail ».

C’était une journée de printemps ensoleillée, soit à un moment où les rayons ultraviolets atteignent souvent le maximum de leur intensité et c’était effectivement le cas à Kanata, ce jour-là. Il semble que la lotion solaire n’ait pas été bien appliquée et plusieurs étudiants ont souffert de graves coups de soleil. Comme la plupart des parents le savent, les coups de soleil subis durant l’enfance augmentent le risque de souffrir d’un cancer de la peau à un âge plus avancé.

La réaction – des enseignants –n’était pas justifiée. Malheureusement, il semble qu’une mauvaise communication sur les implications des tests de radon et le risque associé au cancer du poumon a en fait contribué par mégarde à un risque plus élevé de cancer de la peau chez certains enfants.

Bien que la ligne directrice du gouvernement fédéral pour le niveau de radon soit de 200 Bq/m³, les recommandations sur la manière de procéder sont ordinairement affichées. Cependant, force est de constater que le risque de cancer du poumon augmente avec l’exposition à long terme. Retirer les enfants de l’école une seule journée ne fait vraisemblablement pas de différence.

Santé Canada recommande que, si les niveaux sont supérieurs à la ligne directrice de 200 Bq/m³, l’immeuble soit assaini dans les deux années qui suivent. Lorsque les niveaux sont supérieurs à 600 Bq/m³, la recommandation est assortie d’un délai plus court, soit moins d’un an.

Plusieurs tests de radon ont été effectués à différents endroits dans l’école de Kanata. Certains tests ont affiché un niveau supérieur à 200, d’autres plus de 600, indiquant ainsi que l’assainissement serait probablement à prévoir pour cette année. Il devrait raisonnablement avoir lieu durant l’été, soit en même temps que les autres travaux d’entretien de l’immeuble.

Personne ne veut augmenter son risque de contracter un cancer, quel qu’en soit le type, et la pratique consistant à tester les niveaux de radon dans les écoles devrait se poursuivre dans tout le pays. Il est essentiel de disposer de renseignements utiles sur les risques lorsque nous sommes en présence de niveaux élevés.

CAREX Canada a récemment déclaré que des tests ont été pratiqués dans les écoles et qu’on a découvert que le Québec est la seule province au Canada où les tests de radon sont obligatoires dans les écoles. Des progrès intéressants ont été réalisés en Saskatchewan, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et au Yukon, toutes leurs écoles ayant été testées au moins une fois depuis que la ligne directrice de Santé Canada a été abaissée à 200 Bq/m³ en 2007. Les provinces retardataires sont la Colombie-Britannique, l’Alberta, l’Ontario et le Manitoba qui affichent toutes de faibles taux au chapitre des tests effectués dans leurs écoles bien que certains arrondissements scolaires ou écoles individuelles ont de leur propre initiative entrepris de faire le test.

À l’instar de Kanata qui en a fait la démonstration, les tests ne sont que la première étape. Lorsque les résultats sont disponibles, ils doivent être mis à la disposition du grand public. Si les niveaux détectés sont supérieurs aux niveaux prescrits par la ligne directrice, il est essentiel de bien communiquer la nouvelle en expliquant la nature du risque et les étapes nécessaires pour y remédier. Mais ce qui importe encore plus, c’est ce que les niveaux élevés devraient faire l’objet d’une remédiation au moyen de mesures d’atténuation du radon efficaces. Les parents devraient également être encouragés à tester leur maison.