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Encourager la mobilisation pour la politique du radon dans le secteur des services de garde d’enfants

Comme vous pouvez vous en douter, les professionnels en services de garde ont des horaires chargés et beaucoup de règles de sécurité importantes à respecter. Le problème de sécurité lié au radon n’est pas compris dans le présent ouvrage, mais il devrait l’être. Nous encourageons les professionnels en puériculture à promouvoir l’actualisation des règles régissant l’octroi de licences aux garderies qui rendent obligatoires les tests de radon et les mesures d’atténuation dans les installations de soins de garde.

Pour assurer la santé et la sécurité des enfants dont ils prennent soin, ces employés de première ligne doivent suivre un grand nombre de règles établies dans la réglementation et les lois provinciales ou territoriales régissant l’octroi de permis. Les services locaux de santé publique inspectent fréquemment les activités liées à la garde d’enfants et ils ont des lois en santé publique à respecter.

Les garderies étant des milieux de travail intérieurs, ils sont assujettis aux règles régissant le code du bâtiment ainsi que la santé et la sécurité au travail.

Le problème du radon n’est presque jamais abordé dans aucun domaine du droit, à l’exception des règles du code du bâtiment qui s’appliquent aux nouvelles constructions ou aux rénovations majeures.

De concert avec la Fédération canadienne des services de garde à l’enfance et dans le cadre d’un projet canadien financé par Santé Canada et dirigé par le Partenariat canadien pour la santé des enfants et l’environnement, nous avons récemment examiné les lois et la politique pertinents liés au radon dans les garderies.

Le radon constitue un risque grave pour la santé dont l’importance est trop souvent ignorée. L’objectif général de ce projet, parachevant plusieurs années de sensibilisation dans le secteur du soin des enfants, était d’aider les professionnels qui promeuvent l’adoption de meilleures mesures de protection contre le radon.

À cette fin, le projet bilingue comprenait un webinaire, une feuille de renseignements et une note documentaire concernant la politique, ainsi qu’une rencontre exploratoire avec plusieurs dirigeants dans le secteur de la puériculture en Colombie-Britannique.

Le radon est un gaz radioactif, incolore et inodore, existant à l’état naturel dans le sol et dont la concentration dans les espaces intérieurs peut atteindre des niveaux nocifs. C’est la deuxième principale cause de cancer du poumon au Canada. La seule façon de vérifier la présence de la maladie est d’effectuer un test. Malgré les risques qui sont connus et les tests et les mesures d’atténuation qui sont disponibles, la plupart des garderies ne font l’objet d’aucun test.

Il existe quatre instruments politiques ou juridiques pour traiter le problème du radon dans ce secteur : l’octroi des licences, le code du bâtiment et les règles régissant tant la santé et la sécurité au travail que la santé publique. Il y a cependant encore de la place pour de l’amélioration ou pour une mise en œuvre plus efficace.

Le secteur le plus prometteur est la réforme de la réglementation en matière d’octroi des licences pour les soins de garde. Les efforts dans le secteur de l’octroi des licences, déjà bien réglementé, se traduisent presque exclusivement à éviter les risques immédiats ou graves, et à y remédier. Que l’on parle d’hygiène, de préparation des aliments, de maladies transmissibles ou de blessures, la réglementation ne porte sur aucun risque chronique comme le radon.

Comparez cela aux interdictions de fumer dans les endroits fermés qui visent à éviter les effets nocifs du tabagisme, comme de déclencher l’asthme chez les enfants qui y sont sensibles. Mais le risque chronique ou à plus long terme pour la santé, encouru avec le radon, est le cancer du poumon. En ce qui a trait à la mobilisation contre le radon, il est utile de remarquer le contexte du risque aigu en comparaison du risque chronique et à quel point il convient d’élargir les mesures en matière de santé et de sécurité pour remédier à une cause connue du cancer.

De ce fait, nous encourageons les leaders du secteur du soin des enfants à prendre la défense de la réforme sur la réglementation en matière d’octroi de licence et nous continuerons à les aider à réussir et nous réjouirons de leurs réussites.

Remarquablement, en ce qui a trait à la démarche pour remédier aux problèmes du radon dans ce secteur, on a pu dégager des leçons utiles. Par exemple, parmi les programmes de test du radon commandités par le gouvernement et menés en Colombie-Britannique, au Québec et dans les édifices fédéraux canadiens, la recette suivie pour assurer la réussite a consisté à distribuer des trousses gratuites pour effectuer le test, ainsi que des conseils et du soutien et, essentiellement, la confirmation que le gouvernement assumera les coûts de l’atténuation du radon si besoin est.

Les résultats indiquent également la nécessité de procéder à des tests obligatoires. Dans une étude portant sur un petit nombre de garderies à Winnipeg, l’accent a été mis sur les facteurs de motivation, les obstacles et la capacité du personnel à effectuer les tests de détection du radon et à mieux sensibiliser les parents au radon. Dans d’autres études, le personnel a trouvé difficile d’ajouter un nouvel élément à son horaire déjà très chargé. Il a jugé les tests obligatoires indispensables, sans quoi le problème ne serait pas réglé.

Tant que les exigences obligatoires ne seront pas en place, nous suggérons fortement d’inclure aux programmes de garde d’enfants le test de détection du radon dont l’établissement devra prendre la responsabilité. Les programmes peuvent également avoir pour résultat de susciter une prise de conscience parmi les membres du personnel et les familles clientes. Ce qui compte par-dessus tout, c’est que les responsables des programmes, avec l’aide des collègues et des inspecteurs des installations, modernisent les règles d’octroi des permis des garderies pour rendre le test de détection du radon obligatoire et universel, y compris le financement des mesures d’atténuation du radon là où il se révèle nécessaire. Si le test devenait une condition pour l’octroi de permis, tous les enfants et les employés seraient protégés et les gestionnaires des garderies seraient assujettis à des règles claires.