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Des investissements plus importants sont nécessaires pour protéger les Grands Lacs

La Great Lakes Protection Act Alliance fait appel aux gouvernements du Canada et des États-Unis pour faire en sorte que le financement fédéral prévu pour la protection et la restauration des ressources en eau douce du bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent reconnaisse l’importance de la région.

Le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent est l’une des plus importantes réserves d’eau douce de surface au monde; il fournit de l’eau potable à plus de 45 millions de Canadiens et d’Américains. Il abrite plus de 260 espèces de poissons et génère des revenus de 6 000 milliards de dollars. Mais les récents budgets fédéraux, tant ceux du Canada que des États-Unis, font fi de l’importance de l’écosystème.

Le budget fédéral canadien récemment déposé comprend des engagements envers les initiatives nationales pour la biodiversité et les ressources en eau douce, y compris 70,5 millions de dollars sur 5 ans pour la protection des écosystèmes d’eaux douces et 43,8 millions de dollars sur 5 ans destinés aux programmes des espèces envahissantes aquatiques. L’aide budgétaire destine en gros 22,9 millions de dollars par année aux écosystèmes d’eau douce et marins du pays entier. Il nous faut avoir plus de détails sur la manière dont les engagements proposés seront attribués aux bassins hydrographiques du Canada, en nous concentrant sur les menaces particulières qui visent les réserves d’eau douce, et sur la façon dont ces sommes seront distribuées au fil du temps. En attendant, les investissements de l’Ontario dans les Grands Lacs sont insuffisants. Le budget de la province pour la protection des Grands Lacs n’est d’environ que de 15 millions de dollars, soit 0,01 % du budget total) par année. Nous reconnaissons la politique de longue date de l’Ontario et du Canada qui consiste à pourvoir au financement des programmes des Grands Lacs; ce sont des investissements essentiels pour la protection du bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Beaucoup reste à faire et nous insistons fortement pour que les deux sphères de compétence augmentent significativement le financement en fonction de l’importance de la région.

Aux États-Unis, le budget entériné par le président propose d’éliminer un montant de financement annuel de 300 millions de dollars par année dans le cadre de l’Initiative de restauration des Grands Lacs (Great Lakes Restoration Initiative), que beaucoup ont saluée pour son impartialité. Depuis 2010, l’Initiative a réussi à régler les problèmes de trois secteurs préoccupants, à assainir plus de 3,5 millions de verges cubes de sédiment contaminé, à protéger ou à restaurer plus de 150 000 acres d’habitats côtiers et en milieu humide, et à financer près de la moitié des mesures de contrôle pour lutter contre l’envahissement des Grands Lacs par la carpe asiatique. Et ce n’est pas tout. L’Initiative a joué un rôle important dans l’amélioration de la santé des Grands Lacs en contribuant au financement de centaines de programmes et de projets.

De plus, les États-Unis se proposent de supprimer le financement de base de l’Environmental Protection Agency (EPA) et de la National Oceanic and Atmospheric Administration. Réduire le budget de l’EPA de presque le tiers pourrait avoir d’importantes répercussions sur la capacité du personnel à faire respecter les règlements essentiels, à mettre en œuvre les plans d’action et à gérer d’importants programmes comme celui de l’Initiative de restauration des Grands Lacs. En cas de réductions budgétaires, la National Oceanic and Atmospheric Administration pourrait se voir dans l’obligation de supprimer d’importants programmes tels que les Lake Erie algae bloom forecasts qui évaluent le degré de prolifération des algues dans le lac Érié. Les compressions qui nuisent à la capacité de base ont des implications à long terme, comme celles que nous avons vues au Canada lorsque nos organismes gouvernementaux provinciaux et fédéraux en ont fait les frais.

Étant donné l’importance de préserver la bonne santé du bassin des Grands Lacs et du Saint Laurent dans les deux pays, nous avons besoin d’investissements plus généreux, tant de la part du gouvernement canadien que du gouvernement américain afin de maintenir les avantages sociaux, environnementaux et économiques que cet écosystème vital nous fournit.