La province ignore la menace de catastrophe nucléaire à laquelle sont exposés la ville de Windsor et le comté d’Essex

Juin 12 2017

Windsor (Ontario) – Selon des groupes environnementaux, le gouvernement de l’Ontario a négligé ses responsabilités de protéger les habitants de Windsor et du comté d’Essex contre un accident qui surviendrait dans des centrales américaines situées à proximité.

« Nous vivons à l’ombre des réacteurs nucléaires américains et, jusqu’à présent, le gouvernement provincial n’a pas protégé convenablement la sécurité du public dans le sud-ouest de l’Ontario », a déclaré Derek Coronado, directeur général de la Citizens Environment Alliance of Southwestern Ontario.

Les habitants de Windsor et du comté d’Essex vivent à moins de cent kilomètres des centrales nucléaires Fermi située au Michigan et Davis-Besse située en Ohio, et pourraient être à risque dans l’éventualité d’un accident nucléaire majeur.

Les groupes sont préoccupés par les conclusions d’un document de travail qu’a publié le gouvernement de l’Ontario le mois dernier et qui recommande de ne pas renforcer la sécurité publique ou la protection civile en réaction à la catastrophe de Fukushima.

Le document de travail s’intéresse peu à la sécurité publique à Windsor et dans le comté d’Essex, ne tenant pas compte de l’analyse des risques et des recommandations sur les mesures d’urgence fournies par les municipalités ontariennes qui se situent à proximité de réacteurs américains.

Les groups disent que la province s’est aussi traîné les pieds dans la question de la distribution des comprimés d'iodure de potassium (KI) dans le sud-ouest de l’Ontario. Ces comprimés protègeraient la population contre le cancer de la glande thyroïde dans l’éventualité d’une catastrophe nucléaire. Ils ont été distribués en 2015 à plus de 200 000 Ontariens qui vivent à proximité de réacteurs et sont offerts sans frais à quiconque vit dans la région du grand Toronto.

« La province a accordé peu d’importance à la sécurité publique dans le sud-ouest de l’Ontario. Cette attitude doit changer à la lumière de la catastrophe nucléaire de Fukushima, a déclaré Shawn-Patrick Stensil, analyste de l’énergie principal au sein de Greenpeace Canada. »

Plus de 40 organismes d’intérêt public ont publié un document de prise de position demandant au gouvernement de l’Ontario de combler les lacunes et de remédier aux carences des plans d’intervention en cas d’urgence de l’Ontario qui permettent que des Ontariens soient vulnérables dans l’éventualité d’une catastrophe nucléaire sur les Grands Lacs.

« Les mécanismes d'intervention en cas d'urgence nucléaire doivent être accrus à l’échelle de l’Ontario afin que les familles et les citoyens soient convenablement protégés dans l’éventualité d’une catastrophe nucléaire survenant dans n’importe lequel des vingt réacteurs situés sur les Grands Lacs », a souligné Theresa McClenaghan, directrice générale de l’Association canadienne du droit de l’environnement (ACDE).

Les groupes demandent à la province de se préparer aux pires scénarios d’accidents nucléaires, d’accroître les zones de planification des plans d’urgence, d’adopter les pratiques exemplaires internationales d’intervention en cas d’urgence et d’établir de nouvelles mesures pour protéger l’eau potable dans l’éventualité d’une catastrophe nucléaire. Le gouvernement accepte les commentaires sur son document de travail jusqu’au 14 juillet.

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Information :
Derek Coronado, directeur général, Citizens Environment Alliance 226 344-5955
Theresa McClenaghan, directrice générale, ACDE 416 662-8341
Shawn-Patrick Stensil, analyste de l’énergie principal, Greenpeace 416 884-7053 [français/anglais]

Un exemplaire du document de prise de position de la société civile peut être consulté ici (anglais seulement).

Le document de discussion du gouvernement peut être consulté ici.