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Les gouverneurs et les premiers ministres de la région des Grands Lacs échouent le premier test concernant l’important accord relatif aux Grands Lacs

Les gouverneurs et les premiers ministres de la région des Grands Lacs, incluant l’Ontario, ont raté l’occasion mercredi de s’assurer que l’Entente sur les ressources durables en eau du bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent (et la Convention sur les ressources en eaux durables du bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent qui lui correspond) servent l’objectif de protéger les Grands Lacs de tout détournement inutile. L’organisme régional a recommandé que la proposition de détournement de l'eau du lac Michigan faite par la ville de Waukesha soit approuvée à certaines conditions.

Le processus de révision ainsi que la recommandation définitive comportaient des lacunes, d’où la création d’un dangereux précédent pour toutes les propositions à venir.

La nécessité d’un Accord des Grands Lacs solide a été mise en évidence en 1998 lorsque le gouvernement de l’Ontario a délivré un permis de prélèvement d’eau à Nova Group Ltd. afin d’exporter et de vendre l’eau du lac Ontario. Après une forte protestation du public, le permis a été annulé. Les États et les provinces des Grands Lacs ont réalisé qu’ils devaient mieux gérer les requêtes en matière de détournement de l’eau des Grands Lacs.

L’Ontario a pris le rôle de chef de file pendant les négociations de l’Entente. Une meilleure version écrite de l’Entente en a résulté.

Cependant, le premier test de l’Entente des Grands Lacs a, de fait, affaibli ses normes. Neuf gouverneurs et premiers ministres des Grands Lacs ont approuvé la proposition de la ville de Waukesha à certaines conditions. Le Minnesota s’est abstenu. Les gouverneurs et les premiers ministres auraient dû catégoriquement rejeter la proposition.

L’Ontario a joué un rôle en ajoutant des conditions à l’approbation et en réduisant la quantité d’eau à être détournée qui est passée de 38 millions de litres à 31 millions de litres par jour.

Ces changements ne touchent pas le cœur de la question, à savoir s’il y a une solution de rechange acceptable au détournement de l’eau des Grands Lacs. D’autres collectivités semblables traitent leur eau pour lutter contre le radium. Un rapport d’ingénierie indépendant a révélé que l’eau pouvait être traitée afin de régler tous les problèmes environnementaux, et à un bien meilleur coût. L’organisme régional n’a pas expliqué clairement pourquoi les autres solutions aux propositions de détournement n’étaient pas considérées comme raisonnables.

La recommandation de l’organisme régional ne tient pas compte de l’opposition massive du public à la proposition de la ville de Waukesha. Sur 11 200 commentaires du public reçus par l’organisme régional, 99 % des commentaires (et 100 % des commentaires venant du Canada) s’opposaient ou manifestaient des appréhensions à la proposition.

Le grand public n’a, de plus, pas eu l’occasion de commenter la proposition initiale, et n’a pas eu l’occasion de se prononcer depuis le début du mois de mars. Les commentaires du public ont précédé l’examen technique de l’Ontario et tous les changements à la proposition au cours des dernières semaines, y compris les conditions ajoutées et la diminution de la quantité d’eau à détourner. Le public aurait dû être autorisé à faire d’autres commentaires. Ça n’a pas été le cas. Le processus doit être modifié afin que le public soit entendu au sujet de la proposition finale.

De là, les gouverneurs des Grands Lacs ont une dernière chance de voter sur la proposition de détournement de Waukesha. Tous les États américains détiennent un droit de veto.

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Jacqueline Wilson — 416 960-2284 poste 7213 jacqueline@cela.ca