L’opinion publique a basculé sur les droits environnementaux

Les Ontariens appuient massivement les droits environnementaux et désirent voir le gouvernement prendre des mesures plus énergiques pour protéger l’environnement

Communiqué de presse conjoint de l’ACDE, d’Ecojustice et du mouvement Blue Dot

Déc 13 2016

TORONTO – Un sondage Nanos diffusé aujourd’hui montre que les Ontariens sont massivement favorables à la reconnaissance juridique des droits environnementaux — y compris le droit de profiter d’un air sain et d’une eau propre — et veulent des lois plus strictes pour protéger l’environnement.

Téléchargements : Données du sondage (en anglais uniquement)

Le sondage d’opinion, mené du 14 au 19 novembre, a révélé que neuf Ontariens sur dix croient qu’il incombe au gouvernement provincial de s’assurer que tous ont accès à un environnement sain et que 97 % d’entre eux appuient le droit à l’air pur et à l’eau propre.

Les résultats du sondage se présentent au moment où le gouvernement de l’Ontario subit une pression publique croissante qui l’incite à prendre position sur un certain nombre d’enjeux liés à la santé de l’environnement, y compris les avis concernant la qualité de l’eau potable et les préoccupations relatives à la qualité de l’air chez les communautés des Premières nations.

« La vie humaine, la santé et la dignité dépendent de l’accès à l’air pur, à l’eau propre et à la terre », a affirmé Kaitlyn Mitchell, avocate interne chez Ecojustice. « Malheureusement, dans la province, les risques environnementaux affectent certaines communautés plus que d’autres. Quel que soit le lieu où vous vivez ou quelles que soient vos affilations politiques, vous avez droit à un environnement sain. C’est pourquoi il est temps que notre gouvernement agisse. »

Les Ontariens déclarent également qu’ils ne s’opposent pas à des lois plus strictes pour protéger l’environnement. Sept résidents sur dix ne sont pas d’accord avec l’énoncé selon lequel les lois environnementales en Ontario sont trop strictes.

« Ces résultats soulignent clairement que les Ontariens trouvent important de se préoccuper de l’environnement », a affirmé Faisal Moola, directeur général de l’Ontario et du nord du Canada à la Fondation David Suzuki. « Un grand nombre de personnes ne croient pas que nos lois actuelles sont suffisamment sévères et s’attendent à ce que le gouvernement accomplisse davantage. »

Le gouvernement provincial étudie présentement la Charte des droits environnementaux de l’Ontario et rendra publiques ses intentions pour ce qui est d’améliorer la Charte au début de l’année prochaine. À la suite de la publication du rapport annuel de la vérificatrice générale, le ministre de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique, Glen Murray a récemment fait remarquer que le processus d’évaluation environnementale de la province nécessite également des améliorations, bien que le Ministre n’ait pas passé de la parole à l’acte en prenant des engagements.

Résultats clés de l’étude sur l’opinion publique menée par Nanos :

  1. Plus de neuf Ontariens sur dix sont d’accord ou plutôt d’accord pour dire qu’il incombe au gouvernement provincial de garantir un environnement sain (87 % sont d’accord et 8 % sont plutôt d’accord).
  2. Plus de 19 Ontariens sur 20 appuient (96 %) ou appuient quelque peu (1 %) le droit à l’eau propre. Plus de 19 Ontariens sur 20 appuient (93 %) ou appuient quelque peu (4 %) le droit à l’air sain.
  3. Presque sept Ontariens sur dix sont d’accord (40 %) ou plutôt d’accord (27 %) pour dire que les droits environnementaux devraient avoir le même statut que les droits de la personne.
  4. Un Ontarien sur quatre croit que le gouvernement provincial a peu réussi (20 %) ou très peu réussi (7 %) à protéger l’environnement, alors que quatre Ontariens sur dix (41 %) croient que l’Ontario a moyennement bien réussi en la matière.
  5. À la question visant à déterminer si les lois environnementales en Ontario sont trop sévères, sept résidents des dix ont répondu qu’ils sont en désaccord (57 %) ou plutôt en désaccord (12 %).

Le sondage téléphonique a été réalisé auprès de 500 Ontariens; il comportait une marge d’erreur de plus ou moins 4,4 points en pourcentage.

La demande pour une direction politique

Les résultats du sondage ont été diffusés par le mouvement Blue Dot de la Fondation David Suzuki, une campagne populaire à l’échelle nationale visant à faire progresser la protection juridique du droit des Canadiens à vivre dans un environnement sain. La campagne est associée à Ecojustice, un organisme de bienfaisance national œuvrant en législation environnementale.

Le mouvement Blue Dot mobilise la population canadienne pour qu’elle presse tous les niveaux de gouvernement à reconnaître, à protéger et à respecter le droit de toute personne de vivre dans un environnement sain, y compris le droit à un air pur et à une eau propre. La campagne, à l’échelle provinciale, est axée sur le renforcement de la Charte des droits environnementaux de l’Ontario, qui n’est pas à jour depuis deux décennies.

Au cours de la période d’examen de la province, le mouvement Blue Dot a mobilisé presque 20 000 personnes pour obtenir leurs commentaires sur les améliorations recommandées, y compris l’ajout de droits environnementaux à la Charte.

« Ces étonnants résultats obtenus du sondage font foi du solide soutien de la part du grand public à l’égard d’une protection plus efficace des droits environnementaux en Ontario », a déclaré Richard Lindgren, avocat de l’Association canadienne du droit de l’environnement. « Ce sondage est un appel en faveur d’une réforme longtemps attendue des lois environnementales de la province, y compris la Charte des droits environnementaux de l’Ontario, qui ont été adoptées il y a plus de 20 ans. »

Le mouvement Blue Dot, à l’échelle nationale, travaille à l’élaboration d’une Charte canadienne des droits environnementaux. Dans le monde entier, plus de 110 pays reconnaissent le droit de vivre dans un environnement sain. Mais pas le Canada. Le mouvement Blue Dot espère changer cela. L’objectif ultime de la campagne est de reconnaître le droit à un environnement sain consacré par la Charte canadienne des droits et libertés.

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