La distribution de comprimés antiradiations doit répondre aux meilleures pratiques internationales

Communiqué publié conjointement par l’ACDE et Greenpeace

Déc 09 2015

(Toronto) – Aujourd’hui, des groupes environnementaux ont demandé au ministre de la Santé, Eric Hoskins, d’élargir la distribution de comprimés d’iodure de potassium (KI) afin de répondre aux meilleures pratiques internationales et aux risques de cancer relevés qu’ont mis en relief les accidents nucléaires survenus dans le monde.

S’il est pris peu de temps après un accident nucléaire, le comprimé de KI peut réduire le risque de cancer de la thyroïde. Au début de l’automne, des comprimés de KI ont été distribués pour la première fois à toutes les personnes résidant dans un rayon de 10 km des centrales de Pickering, de Bruce et de Darlington.

L’Association canadienne du droit de l’environnement (ACDE) et Greenpeace ont toutes deux déposé une requête en vertu de la Charte des droits environnementaux (CDE) de l’Ontario pour entreprendre un examen scientifiquement fondé de la politique de distribution de comprimés de KI. Le ministère doit y répondre dans un délai de trois mois.

« Les cas survenus et les meilleures pratiques internationales laissent croire que les plans en cas d’urgence nucléaire ne suffisent pas à protéger les Ontariens en cas d’accident nucléaire », a indiqué Madame Theresa McClenaghan, directrice générale de l’ACDE. « Nous demandons au ministre Hoskins de garantir la sécurité du public en procédant à un examen scientifiquement fondé. »

Les groupes environnementaux ont déposé leur requête parce qu’ils disent que le gouvernement de l’Ontario se dérobe de sa responsabilité de mettre à jour ses plans de mesures en cas d’urgence nucléaire hors site malgré la catastrophe de Fukushima. Ils soulignent qu’en 2014, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a demandé qu’on distribue des comprimés de KI dans un rayon de 10 km des zones comprises dans le plan en cas d’urgence nucléaire, car elle s’impatientait de l’inaction provinciale depuis Fukushima.

« L’organisation fédérale a fait une incursion dans l’arène provinciale, car elle avait le sentiment que l’Ontario n’assumait pas sa responsabilité de protection du public en cas d’accident nucléaire », a indiqué Shawn-Patrick Stensil, analyste principal des questions énergétiques chez Greenpeace. « Il est impératif que le gouvernement Wynne garantisse des plans de mesures en cas d’urgence nucléaire exemplaires s’il veut continuer dans le nucléaire malgré les coûts et les risques impliqués. »

La semaine dernière, le gouvernement a annoncé qu’il réservera plusieurs milliards pour reconstruire et prolonger la durée de vie des centrales nucléaires de Bruce et de Darlington.

Dans leur requête, les groupes font état d’un manque de données probantes en faveur de la politique actuelle en matière de distribution de comprimés de KI et soulignent que même la CCSN a demandé au minimum une distribution de ces comprimés dans un rayon de 10 km. Ils indiquent en outre que la Suisse a décidé de distribuer des comprimés de KI à tous les foyers situés dans un rayon de 50 km d’une centrale nucléaire après avoir passé en revue sa politique en fonction de données scientifiques.

La semaine dernière, le comité exécutif de la Ville de Toronto a demandé l’avis de son personnel sur l’augmentation du nombre de comprimés de KI distribués.

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Pour de plus amples renseignements :
Shawn-Patrick Stensil, analyste nucléaire, Greenpeace [français/anglais], shawn.patrick.stensil@greenpeace.org, 416 884-7053
Theresa McClenaghan, directrice générale, ACDE, 416 662-8341