Pas de place pour la croissance : l’évaluation de l’énergie verte entravée par les engagements nucléaires

Le rapport de la coalition expose les sources d’énergie renouvelable, la conservation peut satisfaire à la charge de base et le remplacement des vieux réacteurs

Nov 12 2008

Toronto: L’objectif, du ministre de l’Énergie George Smitherman, d’augmenter la quantité d’énergie verte au sein du Plan énergétique provincial peut seulement être réalisé en remplaçant les vieilles stations nucléaires par des nouvelles sources d’énergie verte, au cours de la prochaine décennie, selon un rapport de l’Institut Pembina publié aujourd’hui par une coalition d’organismes environnementaux.

En septembre, le ministre Smitherman a chargé l’OPA (Ontario Power Authority) de renforcer ses objectifs au sujet de l’énergie renouvelable, de la conservation et de la transmission de l’énergie.

« Nous sommes enchantés que le ministre Smitherman veuille plus d’énergie verte au sein du Plan énergétique. Ce rapport détermine la quantité de ressources écologiques que nous devrions rechercher, les politiques pour les obtenir et lesquels des investissements proposés doivent être dégagés pour qu’elles soient réalisables », affirme Cherise Burda, directrice de la Politique de l’Ontario de l’Institut Pembina et auteure du rapport.

Le rapport de l’Institut Pembina, Plugging Ontario Into A Green Future, démontre que la réduction des rejets énergétiques inutiles, le changement vers des sources d’énergie renouvelable et le recyclage de la chaleur résiduelle des exploitations industrielles et commerciales peuvent produire assez d’appel de puissance de base d’électricité pour remplacer les vieilles stations nucléaires de Pickering B et de Bruce B qui arrivent à la fin de leur activité et qui fermeront au début de 2013.

L’étude rejoint un sondage qui démontre que deux tiers des Ontariens préféreraient que les vieux réacteurs nucléaires soient remplacés par des sources d’énergie renouvelable [PDF], comme l’énergie éolienne, l’énergie solaire et l’hydroélectricité, au lieu de construire de nouveaux réacteurs.

« Les Ontariens veulent plus d’énergie verte et moins d’énergie nucléaire. La décision de remplacer la centrale nucléaire de Pickering B amènerait l’Ontario sur la voie de devenir un chef de file sur le marché mondial de l’énergie verte », précise Shawn-Patrick Stensil, un militant de l’énergie de Greenpeace. « La question est de savoir si l’OPA peut évaluer ce plan avec un nouveau regard et un esprit ouvert — sinon, rien ne changera. »

La décision, à savoir que faire avec Pickering B, sera prise au début de 2009.

« Rendre le Plan énergétique plus vert assurera une baisse des factures d’énergie pour les consommateurs ainsi que des réductions de gaz à effet de serre plus rapides et plus sûres pour la planète », fait valoir Keith Stewart, gestionnaire de la campagne du changement climatique de WWF-Canada. « Un renouvellement plus vert de nos infrastructures créera des emplois tout en réduisant les importations de carburant et d’énergie en Ontario. »

À l’échelle internationale, la croissance de l’énergie renouvelable surpasse les prévisions et crée des millions de nouveaux emplois. En 2007, plus de 100 milliards de dollars ont été investis mondialement dans de nouvelles capacités de production d'énergie renouvelable, dans la production et dans la recherche et développement. De plus, la capacité de production d’énergie renouvelable a augmenté de 50 pour-cent depuis 2004.1 Aux États-Unis, en 2006, les sources d’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique des industries ont généré 8,5 millions d’emplois, plus de 900 milliards de dollars en revenus et plus de 100 milliards de dollars en profits pour l’industrie, tout en procurant un important stimulus au secteur manufacturier américain à la traîne.2

« Les solutions vertes offertes par Plugging Ontario Into A Green Future sont utilisables, rentables et rapides à déployer », affirme Mark Lutes de la Fondation David Suzuki. « Elles sont des options plus sécuritaires et moins onéreuses que de remettre à neuf les vieux réacteurs ou d’en construire de nouveaux. Ce rapport démontre ce à quoi ressemblerait un système moderne et décentralisé en Ontario et il identifie les avantages pour l’environnement et la prospérité qui sont associés au changement vers une énergie propre. »

Le rapport Pembina, fondé sur des données probantes et des témoignages d’experts, a été soumis aux séances de la Commission de l’énergie de l’Ontario sur le Plan pour le réseau d’électricité intégré, qui sont actuellement en attente, en souhaitant l’achèvement de l’Évaluation de l’énergie verte, mandatée par le ministre Smitherman, présentement en suspens. L’OPA doit présenter ses conclusions à la Commission de l’énergie de l’Ontario sur la portée des changements qu’il désire apporter à la fin novembre 2008, et doit déposer son plan révisé en mars 2009 quand les séances reprendront.

Le rapport complet et les documents qui s’y rattachent se retrouvent sur le site suivant :

www.RenewableIsDoable.com

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Personnes ressources :

Cherise Burda (author), Institut Pembina : 416 644-1016, poste 1 ou cellulaire 416-824-0256
Keith Stewart, WWF-Canada : 416 489-4567, poste 7257 ou cellulaire 416 985-5936
Shawn-Patrick Stensil, Greenpeace Canada : 416 884-7053
Mark Lutes, Fondation David Suzuki : 416 644-1032, poste 1, ou cellulaire 416 473-5919

Références :
(1) REN21. 2008. “Renewables 2007 Global Status Report” (Paris: REN21 Secretariat and Washington, DC: Worldwatch Institute).
(2) Roger Bezdek. 2007, “Renewable Energy and Energy Efficiency: Economic Drivers for the 21st Century” (Report prepared by Management Information Services Inc. for the American Solar Energy Society).