Le Canada entrave la Convention des Nations Unies au sujet de l’amiante

Août 13 2008

Une Convention des Nations Unies, la Convention de Rotterdam, qui protège les pays en voie de développement contre les substances chimiques et les pesticides très dangereux est suspendue à cause de l’entrave faite par le Canada.

Le Canada a entravé la Convention en refusant de permettre l’inclusion de la fibre chrysotile à la liste des substances dangereuses, même si l’ensemble des experts scientifiques de la Convention a demandé son inclusion à maintes reprises, en spécifiant qu’elle répond à tous les critères scientifiques et juridiques de la Convention.

L’inclusion signifierait que les pays exportateurs d’amiante, tel que le Canada, devraient obtenir une procédure de consentement préalable avant qu’ils puissent exporter de l’amiante vers les pays en voie de développement.

« Le Canada met en péril l’intégrité de la Convention de Rotterdam afin de protéger son industrie de l’amiante en décroissance », a affirmé le Dr. Kapil Khatter, président de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement. « Nous avons ce droit au Canada. Pourquoi notre gouvernement refuse-t-il ce droit aux populations des pays en voie de développement? Leurs vies ne sont-elles pas aussi précieuses? »

Le Canada a été le principal pays à bloquer l’inclusion de l’amiante à la liste en s’opposant au consensus avec l’appui du Kirghizistan, de l’Iran, de l’Inde, de l’Ukraine et du Pérou. Aujourd’hui, 99 % de l’amiante exporté mondialement est de la fibre chrysotile.

« L’entrave du Canada a rendu la Convention irréalisable », a précisé Kathleen Ruff, ancienne directrice de la Commission des droits de la personne de la C.B. « Elle a obligé les représentants des Nations Unies à faire circuler des propositions pour réécrire la Convention à l’aide d’un système complexe de normes et d’exemptions doubles, ce qui serait un désastre. Elle bouleverserait la Convention et mettrait les intérêts économiques devant la santé humaine. Ce n’est pas ce que les Canadiens veulent. »

La recommandation du comité d’experts d’inclure la fibre chrysotile à la liste sera mise de l’avant, une fois de plus, lors d’une Conférence décisive qui aura lieu à Rome du 27 au 31 octobre. Les représentants des Nations Unies et plusieurs autres personnes craignent que le Canada refuse encore de permettre l’inclusion de l’amiante à la liste causant ainsi une crise pour la survie de la Convention.

« Ceci est une tragédie pour la santé publique, une victoire pour le groupe de pression de l’amiante et reflète une image indigne du Canada », a déclaré Geoffrey Tweedale, co-auteur du livre "Defending the Indefensible: The Global Asbestos Industry and Its Fight for Survival".

« 95 % de l’amiante canadien est exporté vers les pays en voie de développement où il est manipulé par des travailleurs ayant peu de protections », a indiqué Barry Castleman, un expert reconnu de la santé au travail à l’échelle internationale. « Le Canada provoque dans ces pays une catastrophe immorale pour la santé publique. »

« Nous demandons au gouvernement canadien d’arrêter de bloquer la Convention et d’autoriser l’inclusion de la fibre chrysotile à la liste », a déclaré Fe de Leon, chercheuse de l’Association canadienne du droit de l’environnement.

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Personnes ressources :

Kathleen Ruff, 250-847-1848, kruff@bulkley.net
Dr. Kapil Khatter, 613-864-9591, kapil1@sympatico.ca
Barry Castleman, 301-933-9097, barry.castleman@gmail.com