CÉLÉBRATION! Mesure de précaution décisive en Ontario grâce à la promulgation d’une loi interdisant l’utilisation et la vente de pesticides cosmétiques

Mar 04 2009

Toronto – Aujourd’hui, l’Association canadienne du droit de l’environnement (ACDE) s’associe à ses collègues du domaine de l’environnement, du secteur de la protection de l’enfance, aux professionnels de la santé environnementale et aux fonctionnaires progressistes de la santé publique afin de célébrer l’adoption d’une loi et le leadership audacieux et visionnaire de l’Ontario interdisant l’utilisation et la vente de pesticides à des fins esthétiques, ces pesticides utilisés simplement pour maintenir l’apparence des pelouses et des jardins.

À la suite de plus d’une année de consultations publiques importantes, et des nombreuses marques encourageantes d’appui du public, la nouvelle loi sera mise en vigueur au printemps 2009. « Nous félicitons le gouvernement de l’Ontario qui a décrété une interdiction des pesticides cosmétiques des plus protectrices pour la santé en Amérique du Nord », a déclaré Theresa McClenaghan, directrice générale de l’ACDE.

L’interdiction de l’utilisation et de la vente de pesticides englobe toutes les substances chimiques toxiques importantes utilisées dans les formulations de pesticides pour les pelouses et les jardins, ce qui représente plus de 80 substances chimiques en tout. Le gouvernement autorise le maintien de l’utilisation de pesticides seulement pour les formulations à faibles risques. Des exemptions supplémentaires pour les soi-disant pesticides à « utilisation mixte » permettront que des contrôles chimiques soient offerts, si nécessaires, pour des raisons de santé publique.

« Nous aurions aimé que la résolution finale garantisse que tous les produits ayant une « utilisation mixte » (cosmétique et non-cosmétique) soient mis immédiatement dans un endroit fermé à clé par les détaillants et que les pesticides pour les terrains de golf soient interdits », a précisé Mme McClenaghan. « Cette année, nous avons pris de l’avance auprès des détaillants afin d’essayer de faire adopter de telles mesures, avant qu’elles deviennent obligatoires, au printemps 2011. »

« Cette nouvelle loi est le fruit de plus de vingt ans de travail à l’échelle canadienne, dont les mesures ont souvent été proposées par les mères de jeunes enfants exigeant que l’utilisation des pesticides inutiles soient interdits dans nos communautés », a noté Mme McClenaghan. « Au cours de ces travaux, l’ACDE, ainsi que d’autres organismes travaillant sur ce problème ont décidé que la recherche de solutions de rechange non chimiques, qui existent évidemment, est primordiale. Non seulement il existe des solutions de rechange, mais encore, la création d’une industrie prospère est survenue pour répondre à ce besoin, notamment par la transformation d’industries utilisatrices de pesticides traditionnels et par celles qui offrent un éventail important de solutions de rechange non chimiques. Nous croyons profondément que cette interdiction fait partie des efforts de l’Ontario pour progresser vers une nouvelle économie verte », a-t-elle déclaré.

L’appui unanime du public envers cette loi prédomine puisqu’il s’agit de prendre des mesures de précaution. « Les gens s’inquiètent au sujet des pesticides et de la façon dont ils sont réglementés par le gouvernement fédéral », a noté Kathleen Cooper, chercheuse principale de l’ACDE. « Malgré le fait que la réglementation fédérale sur les pesticides ait été améliorée, nous devons reconnaître que les données probantes pour appuyer l’inscription des pesticides ne sont jamais entièrement complètes. Les évaluations des pesticides, effectuées par le gouvernement fédéral, aboutissent à une résolution de « risques acceptables » et non pas à une résolution de « sûreté ». De façon plus importante, c’est essentiel de se rappeler que l’évaluation scientifique de chacun des pesticides doit avoir lieu en isolation, à l’écart des autres évaluations », a déclaré Mme Cooper.

« Malgré les progrès accomplis par les agences de réglementation, notamment par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada, à l’égard de l’évaluation de l’ensemble des pesticides ayant des effets toxiques communs, il reste que l’approche élémentaire repose sur l’étude individuelle de ces pesticides, un à la fois, en spécifiant des marges de sécurité qui soient suffisantes selon les régulateurs et en ne tenant pas compte de la réalité des nombreuses expositions aux substances chimiques. L’exercice complet s’effectue dans le contexte d’un manque de renseignements. Entre-temps, il y a une augmentation rapide d’une foule de documentation scientifique qui examine les effets troublants, et souvent complètement imprévus, des substances chimiques sur l’environnement et la santé humaine. Les enfants, et plus particulièrement les fœtus en développement sont souvent beaucoup plus à risques », a précisé Mme Cooper.

« Cette nouvelle loi jouit d’un appui publique très solide. Cet appui provient directement des inquiétudes au sujet de la réalité des nombreuses expositions aux substances chimiques dans nos vies quotidiennes, tout en voulant obtenir des mesures préventives qui élimineront les expositions où et quand c’est possible. Se débarrasser des matières inutiles a tout simplement beaucoup de bon sens pour à peu près tout le monde », a affirmé Mme McClenaghan.

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Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Theresa McClenaghan au : 416 662-8341 theresa@cela.ca
Kathleen Cooper au : 705 341-2488 kcooper@cela.ca