Nouvelle

La position du Canada dévoilée au cours d’une conférence internationale

L’ACDE déçue que le Canada s’oppose au consentement préalable en connaissance de cause concernant l’amiante chrysotile, cette substance cancérigène.

Juin 23 2011

Toronto – Cette semaine, lors de la conférence des parties à Genève, le Canada a décidé de s’opposer à l’ajout de l’amiante chrysotile, un agent cancérigène reconnu, à la Convention de Rotterdam. Aujourd’hui, cette décision a suscité de fortes réactions défavorables de la part de l’Association canadienne du droit de l’environnement. Le Canada maintient son opposition à l’inscription de la substance, en dépit des recommandations réitérées par le comité d’experts de la Convention de Rotterdam selon lequel on doit ajouter l’amiante chrysotile à la liste. À plusieurs reprises, l’ACDE a exigé que le gouvernement du Canada appuie l’ajout de la substance à la liste des celles de la Convention qui nécessitent un préavis de leur toxicité avant leur exportation ou leur importation.

Au troisième jour des pourparlers, l’opposition du Canada à l’ajout de l’amiante chrysotile à la Convention de Rotterdam a finalement été dévoilée. Avant la séance d’aujourd’hui, le Canada avait gardé le silence sur sa position à l’égard de l’inscription de l’amiante chrysotile à la Convention, laissant aux autres pays exportateurs, notamment le Kazakhstan et le Kyrgyzstan, déclarer leur opposition à cet ajout.

L’opposition soutenue du Canada a été dévoilée peu de temps après que d’autres pays, dont l’Inde et l’Ukraine, se soient dits en faveur de cette inscription. La position qu’a prise l’Inde est le premier signe d’un changement de position par un pays qui s’était opposé à l’ajout de liste de l’amiante chrysotile aux conférences de Rotterdam des années précédentes. D’autres pays exportateurs, comme le Brésil, ont également choisi de garder le silence. Le refus du Canada de changer de position et d’appuyer cette inscription est tout à fait décevant aux yeux de l’ACDE et de plusieurs autres organismes qui ont déployé des efforts pour faire en sorte que l’amiante chrysotile fasse partie de la Convention. «

L’opposition explicite du Canada à ce stade des pourparlers à l’ajout de liste de l’amiante chrysotile, un agent cancérigène mortel, est un moment triste pour la collectivité internationale en train de négocier une meilleure protection pour leurs travailleurs et sa population », explique Fe de Leon, chercheuse à l’Association canadienne du droit de l’environnement. « À deux jours de la fin des pourparlers, nous espérons néanmoins que la position du Canada prenne un revirement important comme nous l’avons vu avec l’Inde. Sans une obligation internationale de partager l’information sur les dangers de ce produit chimique, les travailleurs, leurs membres de famille et leurs collectivités qui reçoivent cette substance continueront de subir les dommages découlant des activités dans les mines, des exportations et des importations de l’amiante chrysotile pendant des décennies à venir. » L’inscription à l’annexe III de la Convention entraîne les exigences force l’échange de l’information sur la toxicité des substances dangereuses entre les nations et elle établit un mécanisme pour les pays en leur permettant de refuser l’entrée de ces substances pour la protection de leur population.

Au cours de la période précédant les négociations de la Convention de Rotterdam, le gouvernement canadien tenu sous secret sa position à l’égard de l’inscription de l’amiante chrysotile. Des lettres lui sont parvenues des organismes et des individus du Canada et d’ailleurs on y exprimait la nécessité d’appuyer l’ajout de l’amiante chrysotile à la Convention de Rotterdam en raison des incidences sur la santé associées à cette substance.

« La position du Canada à ces conférences mine à la pierre angulaire de la Convention de Rotterdam qui consiste à échanger de l’information et à obetenir un consentement en connaissance de cause au préalable entre les nations avant l’importation ou l’exportation de ces substances », précise de Leon. « Chez lui, le Canada a radicalement réduit l’utilisation de cette substance considérée dangereuse. Toutefois, il continue de la commercialiser auprès de pays innocents qui ne seront pas en mesure de protéger leur population contre l’exposition à l’amiante chrysotile, à moins qu’un engagement international sur léchange des renseignements cruciaux sur ces substances soit en vigueur. »

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Source :
Fe de Leon, chercheuse, 416-960-2284, poste 223