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L’ACDE appuie l’interdiction relative aux phtalates dans les produits pour enfants

Les données scientifiques indiquent la nécessité d’un règlement sur les autres sources de phtalates

Jan 18 2011

Toronto : L’Association canadienne de l’environnement (ACDE) appuie vivement le règlement du gouvernement fédéral concernant six phtalates dans les produits pour enfants, ce qui rend la Loi canadienne conforme aux mesures qui ont déjà été prises aux États-Unis et dans l’Union européenne. D’ailleurs, même d’autres règlements seraient  indispensables afin de contrôler les expositions aux phtalates qui continuent de causer des risques pour la santé des enfants, y compris par le biais de l’exposition prénatale des femmes enceintes.

Les phtalates sont utilisés dans de nombreux produits de consommation différents. Ils se retrouvent dans un grand nombre de produits parfumés, et comme plastifiants, ils assouplissent le vinyle rigide. Les fabricants de produits en plastique souple destinés aux enfants ont volontairement cessé d’utiliser certains phtalates depuis plusieurs années. Ce règlement assurera que des mesures volontaires se poursuivront et qu’elles s’étendront à l’ensemble des six phtalates soumis à ce règlement.

Cependant, de nombreux autres produits en plastique souple et d’autres utilisations des phtalates, notamment dans les cosmétiques et les produits de nettoyage, ne sont pas mentionnés dans ce règlement. « Les données scientifiques montrent que de nombreuses autres sources contribuent à une exposition continuelle aux phtalates », a indiqué Kathleen Cooper, recherchiste principale de l’ACDE. Même si elles ne sont pas des substances persistantes, une exposition régulière aux phtalates provenant de plusieurs sources cause une sorte de quasi-persistance. Les études de biosurveillance sur les humains démontrent constamment que les enfants sont les plus exposés.

Nous savons que l’exposition aux phtalates provient de l’air et la poussière à l’intérieur de nos logements, ainsi que de certains aliments. Le comportement des jeunes enfants – se traîner par terre, mâchouiller des objets – mène à une exposition plus élevée. De plus, les enfants sont plus vulnérables aux effets toxiques.

Les données scientifiques démontrent que les phtalates peuvent perturber le système endocrinien de plusieurs façons. Des études sur les animaux de laboratoire et certaines données épidémiologiques sur les humains montrent des associations à plusieurs troubles du système reproducteur mâle. Les phtalates sont associés au « syndrome de dysgénésie gonadique », ou SDG qui comprend deux anomalies congénitales, le cryptorchidisme (testicules non descendues) et l’hypospadias (une malformation du tractus génital mâle), à une distance ano-génitale plus petite, à l’altération de la qualité des spermatozoïdes à l’âge adulte et au cancer des testicules chez les jeunes hommes. Les phtalates sont également associés au développement prématuré des seins chez les jeunes filles et à l’endométriose chez les femmes.

« Bien que ce nouveau règlement soit bien accepté afin de réduire certaines expositions des enfants aux phtalates, les données scientifiques indiquent que l’exposition prénatale des femmes enceintes est une période de vulnérabilité semblable, ou plus grande que celle de la substance chimique de bisphénol A. Des contrôles plus détaillés sur l’utilisation des phtalates sont justifiés, ce qui diminueraient ainsi l’exposition de la population dans son ensemble aux autres produits de consommation », a ajouté Mme Cooper.

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :
Kathleen Cooper, recherchiste principale au : 705-341-2488